Chez Daphné
un blog pour raconter et surtout partager…

J’ai adoré :

décembre 22nd, 2011, par Daphné

 

maître d'école...La lecture monocorde et plate de Sébastien qui donnait à la Phèdre du texte racinien une nouvelle folie, impassible, glacée.

Les questions de Myriam, précises, volontaires et comment son scalpel d’élève scientifique disséquait la passion, les tortures de l’amour.

Et puis comment Ariane évoquait les « problèmes » de la reine amoureuse, les « soucis » des passions et leurs « inconvénients ».

Les rires entremêlés, les réponses à trois voix et le silence aussi quand penchés sur la feuille, ils rédigeaient, concentrés.

Les efforts, les progrès, le regain d’intérêt et comment peu à peu je n’étais plus la seule à soudain m’emporter pour un mot, une phrase.

L’étonnement, la méfiance devenus complicité. Les langues se délient, on ose demander : « Vous donnez des cours particuliers ? » « Et si on faisait un goûter ? » Et la plus belle de toutes : « C’est votre vrai métier ? »

Et ma plus grande victoire :
- Non Sébastien, Racine, ce n’est pas le XIXème ! Bon… Tu as quel âge, dis-moi ?
- Heu… dix-sept ans, pourquoi ?
- Et quand tu passeras le bac, tu les auras encore ?
- Oui, je suis né en septembre…
- Alors voilà, c’est facile : Classicisme, XVIIème, 17, comme dix-sept ans !
- (Rires) Oui Madame…
- Alors, Racine, Corneille, c’est quand ?
- Dix-septième siècle !
- Gagné !

Publié dans Non classé

2 Réponses

  1. bastien

    C’est un beau métier…
    un truc de cosmonaute partant à la rencontre d’êtres changeants, beaux et disgracieux qui nous ressemblent et sont si intrigants mais plein de charme(S), où l’on apprend surtout à répéter, à remettre sur le métier justement…

    Ils ont du vent plein la tête, des choses, des gens, des idées tournent, vrillent, passent, partent et s’oublient…
    Ils dorment beaucoup même les yeux ouverts…
    Même les plus ennuyeux ont un aptitude à l’évasion …
    Mais, parfois, curieusement, une de ces choses qui bougent derrière leurs regards, s’installe et plus jamais ne sort…
    Ils deviennent lentement mais si vite…

    Parce qu’ils sont déjà à demain ???…

    Ailleurs, autre toujours finalement, cherchant leurs êtres…
    Il faut s’amuser, jouer pour les attirer : d’eux, de soi, de tout…

    Jouer ! mais avec sérieux…

  2. Jean

    Répéter soit à voix haute soit juste en soi-même, murmuré, mais toujours intensément et lentement, pour savourer le bruit:
    « Un dieu qui d’aiguillons pressait ses flancs poudreux »
    One more time
    « Un dieu qui d’aiguillons pressait ses flancs poudreux »
    Non plus lentement que ça !
    En sa-vou-rant le bruit !
    « Un – UN ! – di-eu qui d’aigGGUu-illiiiions preEEs-sSSait-ses FFLLLAANNancs poudDDRreux » EEUUUx

    ça commence à perdre la routine ? A perdre le caractère « écrit » ? ça prend corps ? Chair phonétique?
    Sinon il faut recommencer,
    si oui on enchaîne au vers précédent :
    « On dit qu’on a vu même, en ce désordre affreux,
    Un dieu qui d’aiguillons pressait ses flancs poudreux »
    etc.
    (on peut remonter comme ça jusqu’au début de la pièce) ;)

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