Chez Daphné
un blog pour raconter et surtout partager…

Tête à tête…

novembre 23rd, 2011, par Daphné

 

Mr BumpSortie un peu en retard. La bouche du métro est une fourmilière qui crache des gens en colère. Le quai est noir de monde et l’on entend à peine la voix faussement calme : Le trafic est arrêté entre Barbès-Rochechouart... Pas le temps d’écouter, pas le temps de réfléchir, je sors avec les autres et accélère le pas jusqu’à la place Clichy.

Nouvelle agitation, nouvel essaim fiévreux. J’atteins tant bien que mal le quai plein à craquer. Sur la gauche un couloir, un signe : C’est par là ! Et j’entends de nouveau la voix de tout à l’heure : En raison d’un incident technique, la ligne 13… Peu importe, je bondis, le tout c’est d’y aller, plus vite, accélérer ! Je fonce tête la première et…

Dans la salle d’attente du cabinet médical, un bébé qui gémit dans les bras de sa mère. Plus loin c’est une vieille dame coiffée d’un papillon au visage plein de tics. A chaque soubresauts le volatile bat des ailes… Attente, silence, calme. J’ajuste un peu ma frange sur la bosse brûlante où je sens mon cœur qui bat. Je me demande si l’homme au complet bleu marine a la même que moi. Sans doute, au côté droit. Et la sienne est peut-être encore plus importante car le choc a projeté tout son corps en arrière. « Ça va ? », ai-je demandé, dix, vingt fois peut-être. Quand j’ai vu son visage reprendre des couleurs, j’ai osé : « Vous savez, si nous étions dans un roman, ce serait le début… » Il a faiblement souri avant de repartir.

J’imagine et j’espère que comme moi lui aussi a ralenti le pas. L’avertissement est clair : où courons-nous comme ça ? Est-ce bien nécessaire ? La bosse sur mon front répond : Je ne crois pas

Publié dans instants, lieux

2 Réponses

  1. N.

    Les gens ne sont pas en colère : ils partent travailler…
    et les blaireaux qui ambitionnent un nouvel espace de nuisance auront beau dire, moins on travaille, mieux on se sent (même si pas du tout, tout le monde n’en est pas capable, sans se nuire de façons multiples et variées qu’il prendrait trop de temps à détailler); sur cette ligne les problèmes techniques sont légions; mais tant qu’il a souri et qu’il reste des cabinets médicaux, où l’on peut se rendre sans crainte de moins manger ensuite (voir les blaireaux plus haut)…

    moi, je pars bosser les mains dans les poches…
    et bein, croyez moi ou pas, comme dans Au Dieu inconnu, ça marche : faire les gestes c’est (parfois -un peu-) être (nonchalant -en l’occurrence-)…
    arrivé à destination, je les sors des poches où elles m’ont été bien utiles et je me mets au travail, tranquille, détendu, apaisé….

  2. elsab

    Moi, j’aime ta poésie, tes mots ; ils évoquent cette réalité parisienne que j’ai si bien connue et que j’ai fini par fuir. Je ne laisse pas tjs un mot, mais je lis beaucoup de tes messages, et tes mots m’emportent. Quand tu évoques la Place de Clichy, c’est tout Miller qui me saute au visage !
    Bises Daphné, je t’ai mis en lien ( le premier) sur mon site flambant neuf !!

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