Chez Daphné
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Promenade sur le boulevard…

novembre 21st, 2011, par Daphné

 

une vitrine du PrintempsPromenade hier soir dans le déclin du jour. Une foule compacte attire mon regard : ce sont les magasins, leurs vitrines clinquantes qui chaque année s’animent sous les yeux pleins d’étoiles des gamins de Paris.

Des souvenirs remontent, des images en couleur : il y avait des peluches – singes, lions, éléphants – qui se donnaient la main dans une jungle en feutrine, plus loin c’était le train traversant les faubourgs, passant à toute allure et s’arrêtant parfois à des gares miniatures. Il y avait aussi la vitrine Playmobil : pirates, conquistadores, chevaliers, mousquetaires… Et bien-sûr les poupées, les nourrissons joufflus qui fuyaient à quatre pattes ou étendaient leurs bras vers d’autres jouets plus grands déguisés en mamans.

Mais hier, rien de tout ça. Les vitrines du Printemps portaient d’autres costumes dont on ne pouvait pas rater la signature.

En rentrant tard le soir, j’ai préféré plonger dans d’autres univers et relire des passages de romans d’autres temps. Mais comme par hasard, j’ai retrouvé Paris sous la plume de Balzac et c’était saisissant de voir comme les villes changent peu finalement :

Le boulevard, qui ne se ressemble jamais à lui-même, ressent toutes les secousses de Paris : il a ses heures de mélancolie et ses heures de gaîté, ses heures désertes et ses heures tumultueuses, ses heures chastes et ses heures honteuses. (…) De deux heures à cinq heures, il donne sa grande représentation gratis. Ses trois mille boutiques scintillent, et le grand poème de l’étalage chante ses strophes de couleur depuis la Madeleine jusqu’à la porte Saint-Denis. Artistes sans le savoir, les passants nous jouent le chœur de la tragédie antique : ils rient, ils aiment, ils pleurent, ils sourient, ils songent creux ! Ils sont comme des ombres ou comme des feux follets…

Extrait d’une chronique parue dans le Diable à Paris – 1845.

Publié dans lieux, livres

Une réponse

  1. N.

    Bein oui, ma bonne dame, l’important c’est l’apparence et le paraître, mieux, plus ect…

    et surtout le fric, la maille, les neuros dans les fouilles, ou mieux la rolex au poignet (gauche ou droit) poilu (et si je pouvais suggérer que cela a commencé au 19ème de votre Honoré, de parfois sinistre mémoire dont la personnalité d’arriviste au fort besoin de blé ne dépareillerait pas dans cette vitrine, qu’il ferait mime de critiquer, juste pour son plaisir de plumetier, de pisse-copie sans réelle intégrité, sans sincérité finalement et voilà bien ce qui manque en littérature de not temps; alors je vous le demande : où est donc Alceste, l’atrabilaire magnifique -qui ne se risquait pas à écrire « J’en pourrais, par malheur, faire d’aussi méchants; Mais je me garderais de les montrer aux gens » ) ???…

    alors, les joies bruyantes des chiards, aux sourires édentés, vous me permettrez de les trouver bien peu modernes, si peu dans le mouv’…

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