Chez Daphné
un blog pour raconter et surtout partager…

Les muses de la rue Séguier

octobre 2nd, 2011, par Daphné

 

Femme au grand chapeu, ModiglianiEn plein cœur de la nuit, j’ai entendu du bruit. Assise sur le lit, mon souffle s’accélère : Oui, c’était  un murmure, un chuchotement discret. Et des rires étouffés, des rires de petites filles… Ma première pensée, je m’en souviens très bien, fut de tout raconter. Et c’est drôle car au fond, je ne savais pas quoi. Juste qu’il fallait dire. Et puis surtout écrire.

A tâtons je me lève et cherche mon cahier. Mais bientôt une musique accompagne les voix. C’est comme un chant timide qui monterait jusqu’à moi. Un chant unique et pur, cristallin, délicat. Et cette envie d’écrire qui ne me quitte pas !

J’avance de quelques pas, mais je n’ose allumer. Tant pis pour le cahier ? J’hésite encore un fois : D’un côté je veux voir ce qui se passe en bas, mais je sens que les mots s’impatientent déjà… On rit un peu plus fort . Alors tout doucement, j’approche de l’escalier et passe juste ma tête au-dessus de la rampe.

Vu d’en haut je ne vois qu’un groupement de chapeaux… Les formes, les matières sont diverses et variées : ici de longs rubans, là une voilettes sage, plus loin quelques bouquets de fleurs en soie sauvage… Et j’entends maintenant le frou-frou des étoffes qui se touchent, se frôlent et cachent les visages. Mais y en a-t-il vraiment ?

Soudain, c’est le silence. Je sens que sous mon pied, le parquet a craqué. Je reste pétrifiée. Et doucement j’aperçois un des chapeaux là-bas se détacher du groupe. Il pivote lentement mais je n’ai pas le temps de discerner les traits. Je ne vois que des yeux, d’un bleu presque turquoise. Je ne vois qu’un regard qui me fixe, me toise. Et une main sur des lèvres m’ordonne de me taire.

La muse n’a rien dit. Cependant j’ai compris. Alors j’ai obéi et repris mes écrits.
Et depuis cette nuit, les phrases se déroulent, les pages se remplissent. Je poursuis mon roman, comme par enchantement !

Publié dans instants, lieux

3 Réponses

  1. N.

    Socrate,il me semble, nommait daimôn (δαίμων) ce genre d’ »inexplicable » inspiration quant à son travail; mais, pour pour les fictions, on dirait comment ???…
    Quoi qu’il en soit, il paraîtrait que cela lui a, un jour, évité de se retrouver couvert de boue…

  2. tnsp?

    @N. Etant donné les origines helléniques de Daphné, elle est à la fois inspirée par les Muses des poètes et animée par le δαιμων des philosophes…..- Quel mélange prometteur!

  3. N.

    @tnsp?. Pas seulement un δαιμων donc…
    une sorte d’ange en plus…
    quel berceau !!!…

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