Chez Daphné
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Mon amie la Tour

septembre 8th, 2011, par Daphné

 

La tour EiffelLorsque j’étais petite, elle veillait sur moi. A travers la fenêtre de ma chambre d’enfant, sa tête apparaissait au-dessus des immeubles. A la tombée du jour, ses yeux s’ouvraient soudain et brillaient dans le noir. Deux petites étoiles rouges qui à toute heure de la nuit murmuraient : « Je suis là. »

Parfois lorsque le ciel se chargeait de brouillard, elle disparaissait. Et je ne voyais plus les deux petites lumières, ce regard rassurant comme celui d’une mère. Je me levais la nuit et allais voir la mienne : « Maman ! Maman ! On a volé la Tour Eiffel ! » J’étais remise au lit, bercée par des histoires de voyages, d’aventures : La Dame était partie juste pour une nuit, pour changer de décor et se montrer un peu aux quatre coins du monde. Je la voyais errant sur des routes désertes, levant sa jupe de fer et courbant son long cou pour saluer la Terre.

Ladies and gentlemen, we are about to land... J’attache ma ceinture et à travers le hublot la ville se dessine bientôt. D’ici Paris ressemble à une mosaïque dont les pierres bien taillées ont toutes les teintes du gris. Le ciel est sombre aussi, il pèse sur la ville.

Mais bientôt je la vois, dressée, la tête haute. Et même si de loin je ne vois pas les étoiles, même si ses yeux brillants paraissent encore éteints, je sais qu’elle me regarde et qu’elle me reconnaît. Et durant toute la descente, nous nous fixons en silence, comme lorsque dans la foule on reconnaît soudain les yeux d’un ancien amoureux. Et c’est comme de se voir pour la première fois. Souvent, on ne se parle pas, mais on savoure l’instant qui nous a réuni et nous a redonné un peu de ce temps là.

Publié dans images, lieux

4 Réponses

  1. grigou tendre

    la perspective vers la Tour ou depuis la Tour, du Trocadéro…

    L’ancien palais est toujours là en fait. Il était impossible de le démolir tout à fait car il a régné sur Paris de 1878 à 1936-37 (s’il était démoli ce serait trop triste)…

    je vous donne le secret. Il faut faire le tour de la colline de Chaillot, avancer prudemment, en principe vous ne verrez que le nouveau Palais, de quelque endroit que vous regardiez… MAIS cherchez un peu plus longtemps. Il existe encore une petite rue – une seule – qui monte vers la place, une rue au bout de laquelle vous apercevrez encore l’ancien Trocadéro. Il a trop longtemps marqué la perspective parisienne avec sa rotonde et ses deux tours de 80m.
    (D’ailleurs les ailes du nouveau Palais recouvrent celles de l’ancien.)

    Donc montez lentement cette rue vers le Trocadéro ancien, ça fait battre le coeur, ça paraît impossible mais c’est lui, il est toujours là.

    J’avoue que jamais je n’ai osé y entrer (trop peur).

    http://paris1900.lartnouveau.com/cartes_postales_anciennes/le_trocadero.htm

    (mettre le diaporama central en grand format)

  2. tnsp?

    Voici quelques vers d’un très joli poème sur la « Grande Dame » de tes rêves:
    « Mais oui, je suis une girafe
    M’a raconté la Tour Eiffel
    Et si ma tête est dans le ciel,
    C’est pour mieux brouter les nuages,
    Car ils me rendent eternelle »
    (…)
    [La Tour Eiffel du poète belge Maurice Carême]

  3. N.

    Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine…

  4. Daphné

    @Grigou… mil y a mon amie la Tour et mon ami Latourre ;)

    @tnsp? Mais oui ! Je crois même que je l’avais appris à l’école ! Mais peut-être qu’il faisait tout simplement partie des histoires que ma maman me racontait sur la Tour… Il faudra lui demander…

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