Chez Daphné
un blog pour raconter et surtout partager…

(soupir)

janvier 23, 2013 par Daphné

 

tout faire en même temps...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La prochaine fois, je ne mettrai que « prof » sur mon CV…

 

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Être ou ne pas être… là.

janvier 22, 2013 par Daphné

 

On me pose souvent des questions sur la ville, le paysage urbain, les rues, les monuments. On voudrait que je dise le froid, la pluie, le vent et la brume laineuse, les toits couverts de neige. Oui, Londres est tout autour et nous nous regardons. Mais la plupart du temps, mes yeux voient au travers. Car de l’autre ôté, plus près de l’horizon, je sais qu’une autre terre me réclame et m’attend. C’est vers elle que je tends.

Alors demandez-moi si la baie de Vathy est calme ce matin, si le vert de la mer est pâle ou argenté, posez-moi des questions sur les chemins de pierre, les vignes aux bras tordus, les buissons hérissés. Oui, interrogez-moi sur chaque villageois, la teinte de leurs yeux, le timbre de leur voix… Je ne vous dirai rien. Mais si tout se passe bien, c’est un nouveau roman qui, une fois encore, parlera à ma place. Il ne répondra pas mais il vous racontera. C’est tellement mieux parfois.

 

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Il y a toujours un banc…

janvier 21, 2013 par Daphné

 

Regent ParkIl y avait celui du Parc Montsouris où je m’étais posée pour écouter les enfants. J’avais sorti mon carnet et noté quelques phrases qui, tout naturellement, avaient trouvé leur place au cœur de mon roman. Il y en avait mille à Rome, aux abords des fontaines sur les places brûlantes où les statues de bronze confiaient leur secrets à quelque personnage. A Florence il y avait celui des Jardins Boboli. Je m’y étais arrêtée pour écouter le bruit des millions d’insectes qui semblaient me dicter de nouveaux paragraphes. Et puis il y avait celui de Perahori. A la sortie du village, là où la route se change en sentier rocailleux, celui de mon Rocher, de mon île lointaine ! Celui là m’a dicté les plus jolis poèmes.

Il y a toujours un banc qui m’attend quelque part. Toujours au bon moment. On dit que c’est le hasard…

 

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Enchaînés

janvier 19, 2013 par Daphné

 

un joli collier...

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Demain, j’arrête !

janvier 18, 2013 par Daphné

 

Une dame en train d'écrire, par VermeerJ’entends souvent parler de gens qui décident un beau jour de « tout arrêter ». « Je ne veux plus être écrivain », annoncent-ils en fanfare d’un air désespéré. Je me dis que sans doute, il y a quelques années, c’est dans un même élan qu’ils annonçaient fièrement : « Je serai romancier ! »

Pourquoi baisser les bras et tout abandonner ? Pourquoi changer de route ? Est-elle trop escarpée ? Ou bien semée d’embûches, de pièges , de dangers ? Non, on veut « arrêter », parce qu’on n’est pas publié. Oh, ce n’est pas l’argent, encore moins le succès ! Non, ce qu’on nous explique, c’est qu’il faut être lu, entendu, écouté…

Notre bon vieux Hugo qui avait l’art des formules, donnait une réponse : N’être pas écouté, ce n’est pas une raison pour se taire. Et j’ajouterais même – Victor, si vous le permettez – que pour ceux qui racontent et aiment raconter, abandonner la plume, ce serait comme de dire qu’on ne veut plus d’oxygène.

Et il est bien difficile d’arrêter de respirer. C’est un réflexe inné.

 

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Candide, sans queue ni tête

janvier 17, 2013 par Daphné

 

Candide de VoltaireToute fraîche à l’épreuve et manquant d’expérience, je ne suis pas encore ce correcteur blasé qui fonce les sourcils, soupire, secoue la tête. Je ne suis pas non plus celui qui prend plaisir à barrer, souligner, commenter, annoter… jusqu’à ce que le texte devienne bicolore. Non, c’est n’est pas moi encore.

Au contraire, je découvre avec émerveillement les pages d’écriture, souvent hautes en couleurs, de jeunes apprentis dont la plume indolente – souvent bien inconsciente – ose ce que nous autres nous n’oserions jamais. Et j’avoue que souvent, j’aimerais rajouter un point pour la poésie, le délire, la folie, un autre pour l’humour, l’absurde, la fantaisie… J’aimerais un palmarès aux critères aussi drôles que certaines copies.

Tout en haut du podium, je placerais sûrement l’audace et l’effronterie de celui qui a écrit : Candide est un roman sans queue ni tête… ! Je ne sais quelle note récoltera l’étudiant mas s’il y avait un point pour les éclats de rire alors sans aucun doute, il aurait vingt sur vingt.

Et ce n’est pas Voltaire qui dirait le contraire ;)

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Ô temps, suspends ton vol !

janvier 16, 2013 par Daphné

 

un sablierMon père en avait un sur son bureau. Tout petit, en bois, avec du sable pourpre. Le bureau en lui même était impressionnant : pièce d’antiquité aux tiroirs secrets, la table de travail était parée de cuir qui, usé par endroits, témoignait d’heures passée les coudes sur la table et les sourcils froncés. Pourtant jamais papa n’écrivait à sa table. Elle demeurait couverte de dossiers et de lettres, de papiers empilés, d’enveloppes déchirées. C’était un monde à part, une grotte d’Ali Baba laissée à l’abandon car sans trésor aucun… à part ce petit objet.

Je me faufilais parfois à travers la grande porte dont la peinture rouge imposait le respect. Je grimpais sur le fauteuil et le cherchais des yeux. Puis, assise en tailleur sur la moquette orange, je le regardais faire, en silence, concentrée. Le sable filait toujours sans jamais s’arrêter. Alors je le penchais jusqu’à l’horizontale. Là, les deux réceptacles se maintenaient à niveau et petit à petit, le sable ne bougeait plus. Du haut de mes six ans, j’avais arrêté le temps.

Parfois bien avant l’aube, quand j’écris sur Ithaque, je repense au bureau et à son sablier. Je suis en territoire inconnu et secret. Je suis comme invisible et pourtant je suis là. Et lorsque sur le feuille les phrases se déroulent je retrouve la joie que j’éprouvais alors. Le sable est immobile, le temps peu se reposer. Et c’est à moi de jouer…

 

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Plus que cinq minutes !

janvier 15, 2013 par Daphné

 

Photo de Robert DoisneauQui a oublié la voix blanche et sévère du professeur qui, surveillant les examens, annonçait la fin du compte à rebours ? S’ensuivaient l’anxiété, les lèvres qu’on mordille et les ongles rongés. Certains baissaient les bras, sortaient tête baissée en rendant sans rien dire le devoir inachevé. D’autres, plus téméraires, grattaient frénétiquement, demandaient d’autres feuilles pour une conclusion composée à la hâte. Le silence revenait… pour juste quatre minutes. Car bientôt la sentence allait recommencer : « Plus que soixante secondes ! »

Jamais je n’aurais imaginé être un jour cette voix. Être cette clepsydre sinistre, impitoyable. Alors hier matin, sous le regard étonné des futurs bacheliers, une voix timide et douce a préféré demander : « Vous avez terminé ? » Avant de poursuivre poliment : « Si vous le permettez, je ramasse vos copies dans cinq minutes, d’accord ? » Pause d’une seconde à peine. J’en ai vu un sourire. Juste une moitié de lèvre à peine soulevée. C’était déjà ça de gagné.

 

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Londres est un cadavre exquis

janvier 14, 2013 par Daphné

 

Cadavre exquisUn cycliste torse-nu promène son chien en chantant à tue-tête ; Un musicien de rue joue une marche militaire en crachant du feu à travers un trombone ; Une petite vieille boit son thé dans la rue et invite les passants à y tremper des biscuits ; un jeune homme coiffé d’un chapeau à plume vend des vieilles battes de base-ball aux touristes enchantés ; Un couple de japonais mange de la paella à quatre heures de l’après-midi, assis sur une vieille voiture recouvertes de fleurs en plastique ; Un vieux monsieur juché sur un cageot appelle à la Révolution et recherche dans la foule qui seront les nouveaux héros…

Et dire que c’est à Paris qu’est né le cadavre exquis… !

 

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Mot-photo-mots

janvier 13, 2013 par Daphné

 

Il était une fois deux filles qui refaisaient le monde. L’une avec sa plume, l’autre son appareil photo. Un jour elles se rencontrent, quelque part sur la Toile. Sans parler, sans se voir. Elle s’écrivent parfois, échangent des sourires. Et les images, les phrases finissent par se rencontrer. Alors elles ont une idée : elle décident de jouer.

Le jeu n’a pas de nom et il se joue en silence. La règle ? Mot-photo-mots… Et c’est moi qui commence avec le mot « PARIS« . D’un coup de baguette magique, Priscille en fait une photo. De ma baguette a moi jaillissent d’autres mots…


Photo de Priscille Pedone

Pendant toute mon enfance, elle a veillé sur moi. Au dessus des immeubles, sa tête apparaissait et à la tombée du soir, ses lumières comme de yeux traversaient la nuit noire. Je dormais rassurée. On me couvait du regard.

Mais les jours de brouillard… Je me levais la nuit, anxieuse, prête à pleurer : « On a volé la Tour ! » criais-je désespérée. Mon père poussait un soupir, se retournait dans le lit et ma mère, courageuse, se levait chaque fois. Elle me prenait dans ses bras. « Mais non, murmurait-elle. La Tour est en voyage… » « Où ça ? » « Je ne sais pas. Mais elle revient toujours. Tu le sais bien, n’est-ce pas ? Attends un peu, tu verras… » De retour dans mon lit, j’essayais d’imaginer les raisons du départ : Pourquoi donc s’en aller ? Paris est si jolie… Et puis c’est sa maison, c’est ici qu’elle est née. Est-ce que c’est mieux ailleurs ? »

Bien des années plus tard, je ne sais toujours pas. Mais c’est moi qui maintenant rassure ma maman : Peu importe où je suis, c’est un autre voyage. Et je reviens toujours. Tu le sais bien, n’est-ce pas ? Attends un peu, tu verras… »

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