C’est quoi le bonheur ?
On a presque tous planché sur le sujet en classe de Première : Pascal, Rousseau, Voltaire… Et quelques mois plus tard, alors qu’on s’en croyait enfin débarrassé, le bonheur revenait nous tirer par le bras : Kant, Nietzsche, Spinoza…
Enfin le bac en poche, enfin la liberté ! A partir de ce jour, on était seul à bord. Et le mot tour à tour, se changeait en Amour, Beauté, Vie, Vérité. Il suivait les chemins de toutes nos évasions, les sentiers escarpés de nouvelles tentations. Il devenait désir, découverte, plaisir. Et il aurait fallu trois, quatre vie encore pour enfin le saisir. Ce bonheur, voyez-vous, fuyait à mille à l’heure et au lieu d’essayer d’en saisir la moitié, on préférait de loin le vivre tout entier ! On aurait bien le temps, couverts de cheveux blancs, de froncer les sourcils et de chercher pourquoi, où, quand, quoi et comment.
Je me suis découvert, il y a quelques mois, une mèche rebelle aux doux reflets d’argent. C’est l’âge me dit-on, il faudra teindre ça. En attendant je dégage un peu cette chevelure pour oser regarder par-dessus mon épaule. Quelques années en arrière… Du haut de mes vingt ans, je pensais détenir une moitié de sagesse. Les vingt ans ont passé, ai-je l’autre moitié ? A en croire mes cheveux, je suis de l’autre côté… Peut-être qu’il est temps de rappeler les philosophes ? Peut-être qu’il faudrait, se poser un moment, à peine quelques heures pour dire : C’est quoi le bonheur ?
J’y pense régulièrement. Et presque chaque fois, je me dis « C’est maintenant ». Et je me rappelle aussi d’autres instants passés où sans user de mots, la phrase était en moi. « C’est maintenant le bonheur ». Combien de fois déjà avais-je pensé ça ? Je regarde en arrière. Et toujours je souris.
Aujourd’hui je me dis, que j’aimerais bien trouver un moyen de conter l’histoire de ce sourire. J’ai envie de vous dire, d’écrire ce bonheur-là. Je cherche encore la forme – comme les mots sont pauvres ! Lorsque j’aurai trouvé, je vous invite chez moi pour déguster ensemble ces instants qui me ressemblent. Alors, rendez-vous est pris. On se retrouve ici ?
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